Vivre avec la maladie de Gaucher
Des conseils et des informations pratiques pour vous et votre entourage au quotidien

Ma maladie peut-elle se transmettre à mon entourage ?

Comment se transmet la maladie de Gaucher ?

La maladie de Gaucher est une maladie génétique, ce qui signifie qu’elle est portée par les chromosomes, support physique de l’hérédité(42).

Chaque être humain comporte dans chacune de ses cellules (à l’exception des cellules sexuelles), 23 paires de chromosomes dont 22 paires d’autosomes et 1 paire de chromosomes sexuels (XX pour les femmes ou XY pour les hommes). Cela fait 46 chromosomes par cellule. Chaque paire est donc composée pour moitié du patrimoine du père et moitié du patrimoine de la mère(42).

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Chacun des chromosomes est constitué de plusieurs gènes, qui codent une information pour exécuter une fonction à l’intérieur de la cellule. Les gènes sont des segments d’ADN conditionnant la synthèse d’une ou de plusieurs protéines et, donc, la manifestation et la transmission d’un caractère héréditaire déterminé (comme la couleur des yeux ou la taille)(6). Les enfants héritent de deux copies de chaque gène, une de chacun de leurs parents(43).

Lorsqu’un gène est défectueux, on parle de mutation du gène, ou de gène muté. Une mutation est une modification survenant dans la séquence de l’ADN d’une cellule et pouvant entraîner la disparition d’un caractère préexistant ou l’apparition d’un caractère nouveau(44).

La maladie de Gaucher résulte d’une mutation génétique ; on parle de transmission autosomique(5), ce qui signifie que ce sont les chromosomes appelés autosomes (par opposition aux chromosomes sexuels XX ou XY) qui portent le gène muté(42). C’est en 1981 que l’équipe du Dr Edward Ginns découvrait le gène qui code la glucocérébrosidase : le gène GBA. Ce gène est situé sur le bras long du chromosome 1(5). Une mutation, au niveau du gène GBA, diminue ou empêche la synthèse de l’enzyme glucocérébrosidase(7). Plus de 300 mutations de ce gène sont décrites(45).

Dans le cas de la maladie de Gaucher, on parle de maladie récessive(5), ce qui signifie que pour être atteint d’une maladie de Gaucher, il faut être porteur des 2 gènes « mutés » (homozygote) provenant de chacun de ses deux parents (voir schéma ci-contre).

 

Je suis atteint de la maladie de Gaucher, puis-je avoir des enfants(44) ?

Lorsqu’un des parents est atteint de la maladie de Gaucher, il a donc lui-même reçu de ses parents 2 gènes malades. Il transmet donc obligatoirement un gène de la maladie à tous ses enfants.

1ère hypothèse : Le conjoint a 2 gènes sains. Tous les enfants reçoivent donc un gène de la maladie et un gène sain. Ils ne sont pas malades mais ils sont porteurs de la maladie : ce sont tous des porteurs sains(44).

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2ème hypothèse : Le conjoint est un porteur sain, c’est-à-dire qu’il possède un gène sain et un gène muté (ou atteint de la maladie de Gaucher). Il peut transmettre soit son gène sain soit son gène muté. Dans un cas l’enfant est porteur sain, dans l’autre cas il est atteint de la maladie. Dans ce cas, le risque d’avoir un enfant atteint est de 50 %(43).

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3ème hypothèse : Le conjoint est atteint de la maladie de Gaucher, c’est-à-dire qu’il possède 2 gènes mutés. Il transmet un gène de la maladie. Dans tous les cas l’enfant est atteint de la maladie de Gaucher(44).

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S’il existe des cas connus de maladie de Gaucher dans la famille, parlez-en à votre médecin.

Le conseil génétique effectué au cours d’une consultation de génétique clinique, dans la famille d’unpatient atteint de maladie de Gaucher, a pour objectifs :

  • de dépister la maladie de Gaucher chez les ascendants, collatéraux, et descendants par :
    • l’établissement d’un arbre généalogique ;
    • la mesure de l’activité enzymatique de la glucocérébrosidase ;
    • le génotypage si celui du cas index est informatif.

    Le seul dosage enzymatique ne permet généralement pas un diagnostic fiable des sujets porteurs sains (hétérozygotes)(8).

  • d’informer les couples à risque de la probabilité de transmettre la maladie sous une forme homozygote et des conséquences cliniques potentielles d’une telle transmission. Le dépistage de la maladie de Gaucher chez les conjoints des sujets à risque est surtout utile en cas de consanguinité ou si le conjoint est d’origine ashkénaze(8).

Références

  1. Gaucher, Philippe-Charles-Ernest. De l’épithélioma primitive de la rate : Hypertrophie idiopathique de la rate sans leucémie. Thèse de doctorat en médecine. Paris : Faculté de médecine, 1882, 31p.
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  3. Encyclopaedia Universalis – lysosome.
  4. A. Ballabio, V. Gieselmann. Lysosomal disorders: From storage to cellular damage. Biochimica et Biophysica Acta. 2009;1793:684–696.
  5. Belmatoug et al. La maladie de Gaucher. Journal de la Société de Biologie. 2002;196(2):141-149.
  6. Encyclopédie Larousse en ligne – gène.
  7. Beutler et al. A Chimeric Mouse Model of Gaucher Disease. Molecular Medicine. May 2002;Volume 8;Number 5.
  8. Protocole National de Diagnostic et de Soins de la maladie de Gaucher. HAS 2015. www.has-sante.fr. Consulté le : 16 juin 2016.
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  43. Encyclopédie Larousse en ligne – hérédité.
  44. Encyclopédie Larousse en ligne – mutation.
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